LE MARCHE DU TRAVAIL FERME AUX JEUNES SANS DIPLOME
Les jeunes sans diplome ont en grande majorité beaucoup de mal à entrer dans la vie active d' un manque de qualification , de la concurrence des plus diplomés ou des réticences des employeurs , selon une étude publiée par l' Insee.
Plus de 100.000 jeunes quittent le système édicatif sans aucun diplome , note l' étude faite avec le Centre d' études et de recherches sur les qualifications ( Cérep) , qui a suivi une cohorte précise de jeunes entre 1999 et 1998 . Depuis , ce chiffre a augmenté et tourne désormais autour de 150.000 , selon un récent rapport du Cerc ( Conseil de l' emploi , des revenus et de la cohésion sociale ).
Un sur trois parvient néanmoins à s' insérer rapidement et durablement dans un emploi , mais pour les autres , le processus d' insertion dépasse largement trois premières années sur le marché du travail , souligent les auteurs .
En 2005 , le taux de chomage BIT des jeunes sortis de l' école depuis 1 à 4 ans atteignait 41 % pour les sans diplome , contre 18, 8% en moyenne , et 10 % pour les diplomés de l' enseignement supérieur long .
Pour les jeunes entrés dans leur 5e à 10e année de vie active , le taux de chomage BIT restait élevé ( 12 % en moyenne) mais il était quatre fois supérieur pour les sans diplome que pour les diplomés du supérieur long ( licence, master, ou équivalent ) : 29 % contre 7 % .
Les jeunes sans diplome, ou n' ayant que le brevet ou le certificat , sont également les plus nombreux à occuper des emplois temporaires , CDD ou intérim , et les moins nombreux à décrocher un CDI dans les premières années de travail .
Ils sont aussi statistiquement moins mobiles que les autres , la propension à quitter sa région de formation initiale étant d' autant plus forte que l' on a un diplome élevé à faire valoir .
Très logiquement , les jeunes sans diplome -tout comme les jeunes ayant un CAP , un BEP ou ayant échoué au baccalauréat- sont les premiers destinataires des emplois aidés et des formations en alternance .
Pour 16 % des non diplomés , cette expérience est mème fortement structurante de ces premières années sur le marché du travail , relève l' étude .
Plus que par le passé, ces passages par les dispositifs publics interviennent plusieurs années après la sortie du système éducatif , le jeune ayant connu dans l' intervalle des CDD , du chomage ou l' inactivité .
Globalement , les chiffres du bilan Formation Emploi de l' Insee rendent compte d' une difficulté accrue de la jeunesse depuis quinze ans à démarrer dans la vie active , diplomé ou non .
Les niveaux de salaires pratiqués de la première à la quatrième année de carrière tendent vers le salaire minimum obligatoire(Smic).
En 1990 , un diplomé de niveau licence ou plus démarrait avec un salaire net médian de 1.970 euros en moyenne pour un temps plein , soit plus du double d' un jeune diplomé .En 2005 , il doit se contenter de 1.650 euros .
Du fait de l' augmentation légale annuelle du Smic, le salaire net médian d' un sans diplome est passé de 890 euros à 1.020 euros en moyenne .
Cette dégradation des niveaux de rénumération est à rapprocher de l' écart encore important , pratiqué dans les quatre premiéres années de vie active , entre le salaire net médian des femmes et celui des hommes qui est 5 % à 23 % supérieur , selon les chiffres Insee 2005 .